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Chroniques impertinentes N° 53

 

10 - Chronique Littéraire 15’’

Elle a un talant fou, elle dérange follement avec des mots justes, précis sans complaisance et porte un regard aigu sur les travers de l’humanité. Il s’agit de  Yasmina Reza, qui n’a rien d’une vénus de banlieue pauvre, élevée à l’aune de la sous culture genre « Les filles à la maison et les mecs dans la cage d’escalier à vendre du shitt aux snifers des quartiers défavorisés. Non ! Elle vaut infiniment mieux que cela sauf le respect que nous devons aux filles et aux mères qui n’ont pour dessein que d’élever une tripotée de gosses alors que leurs époux travaillent béton dans le bâtiment, femmes victimes de la bêtise et de l’inculture à l’état brute, ce que dénonce votre chroniquer préféré sur Radio Albiges. Au-delà de cette caricature sociale un poil franchouillarde mais vraie, Yasmina Réza est fille d'un ingénieur juif mi-russe mi-iranien et d’une violoniste juive de Hongrie arrivée en France pour fuir la dictature soviétique, du temps où c’était facile d’être un exilé politique. Elle étudie le théâtre et la sociologie à l'université de Nanterre. C’est une romancière et une dramaturge hors paire. Ses pièces mettent en scène des personnages contemporains, dont elles reflètent avec talant les défauts et le ridicule. Sa première pièce « Conversations après un enterrement », est créée à Paris en 1987. Elle connaît un succès immédiat en France comme aux États-Unis. Depuis, ses œuvres théâtrales ont été adaptées en plus de 35 langues et produites dans des théâtres de renom tel le Royal Shakespeare Theatre, au Royal National Theatre, au Berliner Ensemble, à la Schaubühne de Berlin, en passant par le Burgtheater de Vienne, ou encore le Théâtre dramatique royal de Stockholm. En quelques sorte un sacré beau pédigrée pour une romancière sortie tout droit de limmigration. Quelque pièces d’excellence à ne pas manquer si d’aventure vous allez au théâtre ce soir, y a rien à voir à la télé.  La Traversée de l'hiver sort  en 1990, suivi de  Art » en 1994.  L'Homme du hasard en 1995, puis Trois versions de la vie en 2001, une pièce espagnole en 2004, enfin Le Dieu du carnage parue en 2006. Yasmina Réza va de succès littéraires en distinctions notoires telles le Molière de l’auteur deux fois nominée, Le fameux Tony Award de la meilleure comédie, le Grand prix du théâtre français en 2000, enfin en 2012 le Cézars de la meilleure adaptation pour Carnage. Evidemment, l’actualité littéraire de ces dernier mois n’a pas ignoré son dernier roman «Heureux les heureux».  La romancière et dramaturge est au sommet de son art. Elle met en scène une petite troupe de personnages en guerre contre leur vie que seul l’humour soutient. Voyons cela d’un peu plus prêt après avoir écouté une autre femme d’exception avec la chanteuse de jazz, Youn Sun Nah

11 – Young Sun Nah…Jusqu’au bout 

Rappelons que cette chronique est dévolue à la romancière Yasmina Réza. Voici le résumé d’un article paru dans le Monde des livres de vendredi dernier écrit par le journaliste Jean Birnbaum. « C’est à la fois bouleversant et hilarant, on passe sans cesse de l’angoisse au rire ! C’est une série de chapitres qui s’enchaînent comme des saynètes ordinaires. Il y a ce couple qui s’engueule autour d’un chariot de supermarché, cet adolescent qui se prend pour Céline Dion au point de signer des autographes à l’hôpital psychiatrique, ce joueur de bridge qui se met dans une telle colère contre sa partenaire qu’il en avale un Roi de trèfle… Petite parenthèse lexicographique. Saynète s’écrit S A Y N È T E alors que le mot scène s’écrit S C E N E, les mystères de l’orthographe à bien maîtriser si d’aventure vous voulez être écrivain. L'origine du mot "saynète" est le mot espagnol "sainete" qui désigne un morceau de graisse que l'on donne aux faucons pour qu'ils reviennent, d'où le sens d'assaisonnement", puis de "petite pièce boufonne". La saynète était initialement une petite comédie bouffonne jouée en entracte dans le théâtre espagnol. Le mot désigne maintenant une petite pièce comique constituée d'une scène et comportant un petit nombre de personnages. Fin de la parenthèse. Campée sur la ligne de front, Yasmina Reza juxtapose des monologues intérieurs  qui correspondent à autant de stratégies de survie. «Je n’arrive pas à régler mon dossier de siège»,  «La petite boule de chagrin est revenue dans ma gorge», «Ça fait tant d’années que je n’aspire à aucune métamorphose», «Il y a en moi une région qui aspire à la tyrannie», «Je regarde le ciel et lui parle à voix secrète et véhémente», «Je finis toujours par le payer quand elle enfile son costume de martyr»…L’écriture de Reza ne roule pas les mécaniques. Prises une à une, ses phrases pourraient paraître anodines. Mais leur mouvement, leur précision implacable, donnent au texte toute sa puissance d’entraînement, sa capacité à créer l’émotion.

A la fin du livre, une famille  se rend en Bretagne pour disperser les cendres du père défunt. L’urne funéraire est au fond d’un sac Go Sport. Et soudain, la contre-attaque: «On rit. Je crois aussi entendre papa rire dans le sac», témoigne la fille du défunt. Lisant ce passage, on pense à la formule de Shakespeare dans Peines d’amour perdues: «Faire surgir un rire sauvage, un rire émancipé, dans le gosier de la mort.» Oui, dans le face-à-face avec la vie et même avec l’au-delà, la situation comique est la seule situation de liberté : au théâtre et en littérature, cette vérité structure l’œuvre de Yasmina Reza. Parce qu’il l’expérimente mieux qu’aucun autre, avec un tact immense et une sensibilité bouleversante, le roman « Heureux les heureux » est son plus beau texte. Son grand roman de la consternation humaine.

La critique se fait souvent l’écho de grands succès à venir. Yasmina Réza passe d’un succès à l’autre. Elle n’a cessé d’approfondir son regard sur la faiblesse humaine. Regard lucide et cruel, mais d’une compassion infinie, dira cet autre chroniquer littéraire du Monde des Livres, Florent Georgesco. Si d’aventure cette chronique littéraire vous donne l’envie de découvrir cette auteure avec un « e » et si vous ne voulez pas faire les frais des 18€ qu’il coûte, demandez-le à la médiathèque d’Albi ou empruntez-le à un vieux pot cultivé qui n’aura pas résisté à l’irrépressible envie de l’acheter. Très bonne lecture avec « Heureux les heureux » de Yasmina Réza. Musique d’Arménie avec ce merveilleux instrument, le Doucdouc, air que je dédiée à la communauté arménienne d’Albi que nous saluons chaleureusement. Une musique à décrocher les larmes si vous venez du pays de la grenade. 400’’

 

12 - Levon Minassian & Armand Amar - Hovern ' engan 5’08

 

16h18

Chroniques Du net
20 - Chronique du Net : 15’’

Quatre chroniques d’Internet qui font l’actualité sur la toile.

Comment le lancement de « Poke » de Facebook a relancé l’application concurrente Snapchat ou snatchat pour ceux que la prononciation anglo-saxonne rebute. En décembre 2012, Facebook a annoncé le lancement d’une nouvelle application sur iPhone. Poke permet de partager un contenu tel que des textes, photos et vidéos de manière temporaire pendant 1,3,5 ou 10 secondes. Puis ce laps de temps écoulé, le message disparaît.  Après le rachat d’Instagram pour 1 milliard de $ et la refonte de l’application mobile Facebook suite à une version HTML5 pour le moins catastrophique, cette annonce est un signal fort de la part de Facebook pour  démontrer son savoir faire en matière mobile. Depuis son entrée en bourse raté, le marché attend Facebook sur sa capacité à monétiser le mobile qui représente désormais plus de 55% des accès au réseau social. Ce n’est donc pas pour rien que Mark Zuckerberg a largement communiqué sur cette nouvelle application dont sa voix est utilisée pour le son émis à l’envoi d’un message histoire de se faire mousser un peu. Ces 2 dernières semaines montrent bien que le succès d’une application sociale n’est pas due uniquement à la dimension technologie. La création d’un sentiment communautaire est plus complexe. Si Snapchat semble avoir gagné la 1ère bataille, il ne faut pas sous-estimer les moyens et la puissance de Facebook. C’est comme ça ! 108’’

21- C’est comme ça 10’’

Autre chronique sur Internet. Les œuvres de Stefan Zweig son passées dans le domaine public. Si le nouvel an apporte son lot habituel d'augmentations tarifaires et autres tracasseries franchement insupportables, il est également possible de célébrer avec la fin de 2012, le passage dans le domaine public des œuvres de plusieurs auteurs célèbres, dont celles de Stefan Zweig, auteur notamment de La Confusion des Sentiments et du Joueur d'échecs, mort en 1942. Rappelons que le droit d'auteur n'est pas un droit illimité dans le temps, puisque ses droits de reproduction, droits de représentation ne durent que pendant la vie de l’auteur et jusque 70 ans après sa mort.

C'est ce qu'indique l'article L. 123-1 du Code de la propriété intellectuelle, selon lequel "L'auteur jouit, sa vie durant, du droit exclusif d'exploiter son œuvre sous quelque forme que ce soit et d'en tirer un profit pécuniaire. Au décès de l'auteur, ce droit persiste au bénéfice de ses héritiers pendant les soixante-dix années qui suivent. Ainsi, seul le droit moral de l'auteur est imprescriptible et permet aux héritiers d'un auteur de défendre, entre autres, le droit à la paternité de leur ayant cause et le respect de son œuvre, même au-delà de la limite des droits patrimoniaux. Si vous êtes un auteur à succès, mourez tranquille, vos enfants et petits enfants récolteront le fruit de votre travail. 103’’

22 – Y’a d’la haine

Autre chronique du net qui nous irrite autant qu’elle plombe nos ordinateurs. Les pirates. L’informatique est partout. Cette évidence cache une réalité qui s’est développée très vite. Cloud, Smartphones, réseaux sociaux, autant de plateformes et de technologies suscitent l’intérêt des pirates informatiques. Afin de se rendre compte de l’étendue des attaques des cybercriminels, voici quelques chiffres. Chaque seconde, plus de 18 internautes sont victimes d’une action malveillante, ce qui équivaut à 1,5 million de personnes par jours. D’où l'intérêt de bénéficier d'un antivirus de qualité, Avast est le meilleur, il est gratuit. En France, un tiers des internautes aurait été touché par un virus de type malware, rootkit, cheval de Troie ou une fraude par le Phishing, numéro de carte bleue volée. Sur 2012, cela représente une « extorsion numérique » moyenne de 247 euros par victime. Ah ! On vous à piraté. La principale menace sur le web à ce jour n’est autre que les « Rançongiciels ». Derrière ce néologisme se cache un petit virus qui va rendre votre ordinateur complètement dingue. La seule solution est alors de régler un montant oscillant entre 70 et  200 euros pour débloquer votre machine à moins que vous ayez fait des sauvegardes ce dont je doute. Il peut s’agir d’une carte de vœux, d’une pièce jointe indélicate ou encore d’un plugin inoffensif. Selon les experts, il y aurait plus de 120 000 logiciels malveillants en activité sur la toile avec une progression de 300% l’an. Les hackers les plus doués peuvent ainsi récolter un chiffre d’affaires quotidien de plusieurs milliers d’euros. Non ! Vous ne rêvez pas ! Plusieurs milliers d’euro par jour. De quoi assurer des fins de mois ou tenter certains petit surdoués de l’informatique. Les smartphones et autres tablettes tactiles ne sont pas épargnés. Plus de 1 400 programmes malveillants sont en action. Selon les experts, le nombre de menaces devrait être multiplié par 10 dans l’année à venir. L’explosion des ventes de téléphones portables et autres tablettes tactiles attise l’appétit des pirates qui peuvent ainsi accéder à toutes vos informations privées, sans oublier les envois automatiques de SMS hors de prix de 2,3 voire 5 euros.  Remèdes ! Ne répondez pas ou bien revendez vos portables et autre ordinateur. Reprenez vos vieux stylos à plume, du papier et envoyez des lettres à vos amis. Ils seront tellement surpris qu’ils vous taxeront de vieux ringard sénile. Qui qu’a cassé mon ordinateur ?  183’’

23 – C’est Alexandre

Dernière trouvaille sur Internet qui n’est pas sans attirer l’attention des internautes comme de ses services de défense des consommateurs. Le Coffre-fort numérique. Quid de cette nouveauté. Elle est à l’initiative des banques, des assurances et opérateurs de télécommunications (entité qui met à disposition des services de communication à distance). Ne vous laissez pas leurrez par ces offres alléchantes. Ce coffre-fort numérique ou encore bureau numérique n’est qu’un outil de captation de clientèle, vous, dans le but de la fidéliser pour mieux la ponctionner. Ainsi, vos besoins en terme de conservation de vos données n’a qu’un seul objectif : les bénéfices de votre banque, assurance, opérateur de téléphonie mobile. C’est votre fric qui les intéresse pas votre confort même dématérialisé. Ainsi, toutes vos infos, factures, mails, lettres numérique, applications comptables, financières, seront accessibles par ces institutions privées qui pourront s’en servir à loisir et à votre insu, revendre vos adresses et numéros de téléphone, vous harceler de pub et offres de crédits coûteux, proposer des services sans votre signature physique. La liste de l’arnaque et des abus légalisés est sans limite. En y réfléchissant un peu, avons-nous besoin de tels services, pardon de telles servitudes ? Non trois fois non. Ne vous laissez pas berner. Vous y laisserez des plumes, fussent-elles virtuelles, même si les deux chartes du droit à l’oubli numérique initiées par la secrétaire d’Etat chargée de la Prospective et du Développement de l’économie numérique, Nathalie Kosciusko-Morizet, ont été signées en 2010. Pour avoir été signées, cela ne fait aucun doute. Quant à la promulgation de lois s’y afférent, on les attend encore.  Chartes sans effet à percevoir comme un passement sur une jambe de bois à l’image de la langue pratiquée par cette ex-secrétaire d’état. Merci Nathalie Kosciusko-Morizet ! 134’’

24 – Tyrolienne…….Jusqu’à 16h59

16h59
Clôture :

Ainsi va le monde. ►   

S’achèvent ces chroniques impertinentes. ►  Vous avez aimé ou détesté ►  je serai heureux de lire vos observations en me contactant par l’entremise de Radio Albiges, j’y répondrai quel qu’en soit la teneur. ►  Les critiques sont toujours les bienvenues sachant qu’elles font apprécier les éloges.

99 – JINGLE  GENERIQUE DE FIN (OK)

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