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Chroniques impertinentes N° 32

 

10 - Chronique Littéraire : 15’’

« La vie est brève et le désir sans fin ». C’est le très beau titre d’un livre pour lequel il n’y a rien à dire même s’il a reçu le prix Fémina, ce qui n’est pas un gage de qualité. Une fois encore, quelle valeur attribuer aux grands prix littéraires plus inféodés par le business des grandes maisons d’édition que par la qualité intrinsèque de ce qu’elles promeuvent. Combien d’auteurs restent dans l’ombre alors qu’ils sont à l’origine de chef d’œuvres littéraires ? En revanche, combien de fils à papa, homme politiques et autres nanars de la plume sortent leurs logorrhées littéraires qui ne laisseront rien à l’humanité si ce n’est d’encombrer nos rayons de bibliothèques en consommant inutilement du papier ?  

Mais revenons au désir. Que dit l’académie

Désir est un nom masculin qui devient, comme délice orgue, féminin dès lors qu’il devient pluriel ce qui, vous l’avouerez est bien singulier. Acrobatie linguistique qui n’est pas sans nous déplaire puisque changer de sexe est la quête même du désir. Si changer de sexe est une excellente chose quand on est deux, au-delà de ce chiffre, on flirte avec les interdits, la partie fine, la pornographie. Le troisième œil sera celui qui contemple plus qu’il n’embrasse, il faut bien appeler un chat un chat.  Comme le disait Jouhandeau, « il faut goûter à tout pour être un homme accompli », remarque s qui risque de heurter le bourgeois compte tenu que les désirs interdits seraient ceux qu’on désire le plus. Mais revenons à la définition, puisqu’il en faut une.    

Le premier sens du désir, c’est L’envie, c’est le fait de vouloir quelque chose. Il correspond à une tension que l’on souhaite apaiser par l’obtention de l’objet du désir. Il est aussi le moteur de nos actions, en cela il peut être considéré comme l’essence même de notre nature humaine. On désir un homme ou une femme ; on désir une religieuse, le gâteau pas la nonne ; on désir qu’on nous fiche la paix ; On désir un tramway ou une voiture comme désir un frigidaire ; on désire être le khalife à la place du khalife, on désire gagner au loto. Un milliard d’être humains désirent manger à leur faim. 167’’

 

Que nous disent les dictionnaires quant au plaisir ?

Le désir est un effort de réduction d'une tension issue d'un sentiment de manque. On ne désire que ce dont on manque et quand on a trouvé des objets ou des buts considérés comme la source de satisfaction, on va tendre vers eux. Le désir est tantôt considéré positivement puisque l'on considère l'objet désiré comme source de plaisir ou de contentement, voire de bonheur et tantôt considéré négativement comme une source de souffrance, une forme d'insatisfaction.

D'un point de vue psychologique, le désir est une tendance devenue consciente d'elle-même, qui s'accompagne de la représentation du but à atteindre et souvent d'une volonté de mettre en œuvre des moyens d'atteindre ce but. Le désir est à distinguer du besoin, qui renvoie au manque et à ce qui est utile pour le combler, et de la nécessité qui peut être impersonnelle voire logique.

 

Quelles sont les formes du désir ?

Il existe six grands désirs qui nous animent à défaut de nous satisfaire. Ils correspondent aux six des sept péchés capitaux identifiés par Thomas d’Aquin qualifiant ces désirs tels des vices. Le saint homme ! Je n’en dis pas davantage au risque de passer pour un séditieux athée.

Il y a le désir de nourriture : la gourmandise. A réfréner si vous avez 20 kg de trop.

Le désir de la chair : la luxure, la concupiscence. Ah qu’il est bon de se vautrer dans le stupre et les fornications nous disait si poétiquement Georges Brassens dans ses trompettes de la renommée.

Le désir de l'argent, celui des banquiers, désir qui n’apporte que déception, misère de l’âme mais dont on bien du mal à ce défaire.

Le désir du pouvoir : l'ambition. Les campagnes électorales sont là pour nous le rappeler, pauvre Ségolène !

Le désir des honneurs : l'orgueil, Là aussi la politique se charge de tout.

A cette liste il manque l’avarice et la colère. 151’’

 

 

On pourrait faire des heures d’émission sur le désir tant il y a de chose à dire. Quelques citations prises ça et là puis comment exprimer le désir d’amour ?

« Si cette femme était dans ma vie, elle ne serait plus dans mes livres !  »

 « L’homme jouit du bonheur qu’il ressent, et la femme de celui qu’elle procure. Le plaisir de l’un est de satisfaire des désirs, celui de l’autre est surtout de les faire naître.  »

« On ne respecte que les femmes que l’on ne désire pas.  »

« Le désir est le feu que nous apportons en naissant.  »

Allez une dernière citation que j’aime bien.

« Le plaisir étant éphémère, et le désir durable, les hommes sont plus facilement menés par le désir que par le plaisir.  »

Ainsi,  passé l’âge de la jeunesse, ce n’est pas l’objet du désir qui manque, c’est le désir lui-même.

Quand le désir est satisfait il apporte temporairement le calme et le plaisir, mais vite un autre désir le remplace et nous remet dans la même tension.

 

Si d’aventure vous avez quelques difficultés, non pas à jouir de vos désir et à les satisfaire, mais à les exprimer ou à les écrire, ce qu’on nomme généralement  « Lettre d’amour », il existe un logiciel qui vous proposera des centaines de lettres standards paramétrables grâce à l’achat du pack « Lettres d’amour ». 119’’

13 – Dolly Frères Jacques 30’’ 

 

Et pour conclure sur le désir d’évoquer celui de gourmandise en vous offrant gratuitement et sans arrière pensée, ah non ! La recette du cornet d’amour.

Ingrédients :

De la pâte feuilletée, préférer les pâtes prêtes à l’emploi, c’est plus rapide et sans faille, de la crème pâtissière, idem patte feuilleté, de l’eau, du sucre et des fruits confits éventuellement. 

 

1. Abaisser la pâte dite encore parure et la détailler en lanières de 20 cm de long et 2 cm de large. Humidifier au pinceau avec de l'eau.

2. Rouler sur un cône à cornet, sorte de moule métallique en forme de cône bien beurré en prenant soin de faire chevaucher la bande sur elle même.

3. Humidifier, saupoudrer de sucre.

4. Cuire à four chaud 200] environ une quinzaine de minutes jusqu'à obtenir une belle coloration. Le sucre cristallise en surface. Ne pas attendre la caramélisation, sinon c’est foutu !

5. Préparer une crème pâtissière ou une crème mousseline.

6. Démouler, laisser refroidir puis garnir avec la crème additionnée de fruit confits.  Et c’est tout.

ET si vous êtes patient gardons à l’esprit que l’objet du désir s’évanoui dés lors qu’il est consommé. Sachez retarder le plus longtemps possible l’accomplissement du  désir, votre plaisir n’en sera que plus grand, parole de Confucius. 100’’

 

 

 

Comment, sur le web, les auteurs utilisent les réseaux sociaux tels que Face Book, Twiter, les blogs, comme laboratoire textuel et vecteur d’édition?

Voici une court résumé et compilation d’une enquête conduite par Alexandre Gefen, critique et universitaire. Que nous rapporte-t-il ?

 

Constat : Quelle est la valeur littéraire des réseaux sociaux ?

 

Une certaine déception : L’hypertextualité, nouveau mot pour désigner cette nouvelle forme d’expression  n’aurait pas transformé la littérature. Ce ne sont pas les grands romans interactifs dont on avait imaginé avec l’avènement du web. Le roman hypertextuel a été un échec sans qu’on puisse en expliquer la raison. Ainsi, les choses ne se sont pas développées comme prévu. Le renouveau et l’intérêt est plutôt venu d’un usage détourné d’Internet par les jeunes, ou des moins jeunes qui se sont appropriés ce formidable outil de communication.

 

La valeur littéraire des réseaux sociaux n’est pas une « valeur » de grand style, mais plutôt perçue comme une littérature d’échanges interactifs. Les réseaux sociaux signent le retour d’une écriture mondaine au sens premier du terme : une écriture d’échanges, qui ouvre des canaux politiques, de communication de l’actualité… Certains auteurs sont bien plus intéressants pour leurs productions en ligne. Claro, par exemple, est meilleur sur Twitter et Facebook que dans ses romans. Il y est éblouissant d’humour, c’est toujours bien pensé, ça use toute la gamme des figures de styles et c’est plein de bons mots. Une des caractéristiques intéressante de cette littérature, c’est qu’elle est toujours illustrée, insérée dans un contexte. D’un autre côté, cette rhétorique de la brièveté est nouvelle et nous éloigne de la tradition. Cela dit, elle n’est pas si éloignée des travaux de Montaigne ou de Fénéon. 129’’

21 – La route aux chansons 15’’puis en sourdine

Comment faire le tri dans cette production massive ?

On reconnaît des textes de qualité sur les réseaux au même titre que l’on reconnaît un roman de qualité sur le papier. S’il y a des textes de qualité sur Internet, il n’est pas d’institution pour le décréter. ET d’ajouter : Cela doit faire pousser des crie d’orfraie à nos académiciens, mais on s’en contre fiche. On assiste à une hyper-démocratisation de la littérature. Sur Internet, il n’y a pas de communication, ou d’éditeurs de renom pour assurer le succès d’un texte ; la réussite se base sur une sorte de vote démocratique et une diffusion virale, un buzz littéraire en quelque sorte.

 

Cela ne se substitue pas à la littérature au sens traditionnel, qui s’attache à l’objet, au prix… Ce n’est pas une migration de la littérature sur le net, ni des romans gratuits en ligne. C’est encore autre chose, un espace d’expression qui va compléter le papier sans le remplacer. Il faut sortir de cette ère restreinte et autotélique du papier pour envisager un sens très large de la littérature.

 

Petit rappel lexicographique pour ceux que le mot Autotélique interroge.

Autotélique vient du grec auto (« soi-même ») et telos (« but »).

Définition

1.Qui n’entreprend une activité pour d’autre but que l’intense satisfaction qu’elle procure.

Les personnes autotéliques sont tellement intensément impliquées dans une activité que rien ne semble autrement importer.

2.Qui n’est entrepris pour d’autre but qu'elle-même, en parlant d’une activité.

Une activité autotélique se caractérise par une récompense intrinsèque  impliquant un sens profond d’enjouement, de joie et d’enrichissement

3.Qui n’a pas d’autre but que soi-même, en parlant d’un objet artistique.

Rimbaud fit de nombreux poèmes autotéliques.

Voilà pour le sens du mot autotélique. Revenons à cette étude après une courte pose musicale. 136’’

 

22- Marc-Antoine CHARPENTIER  Magnificat 30’’ -  En sourdine

Auteurs et écrivain et l’usage des réseaux sociaux sur le net. C’est un débat qui agite de nombreux auteurs. Beaucoup d’entre eux mènent une double carrière, l’une dite virtuelle sur le Web et l’autre « réelle » sur le papier. L’avantage des réseaux sociaux réside aussi dans sa capacité à resocialiser la littérature tout en la libérant de formes trop restreintes. Quant à la littérature, elle est forte de sa capacité à subvertir les réseaux. Mallarmé jouait avec le détournement des pratiques sociales, c’est la même chose aujourd’hui. La littérature serait est en elle-même une subversion de l’écriture. Celle-ci n’a pas été inventée pour la littérature, mais pour la comptabilité et la gestion de la vie courante. Mais il est plus intéressant de travailler sur des choses qui n’étaient pas faites pour ça à l’origine. Comme les journaux ont permis au genre « feuilleton » de se développer, Internet conduit la littérature à investir de nouveaux supports.

 

Quid sur le culte de soi déjà présent en littérature et exacerbé par les réseaux ? On retrouve ce même goût de l’autobiographie sur les réseaux, mais l’écriture y est beaucoup plus médiatisée que dans les autofictions et autobiographies traditionnelles. Sur papier, les auteurs vont avoir tendance à rechercher le brut, la radicalité ; tandis que sur leurs profils Facebook ou Twitter, les écrivains vont préférer un travail sur la quotidienneté à ne pas confondre avec journal intime car il y a interaction avec autrui, qui en fait un objet plus complexe et oblige un travail plus approfondi sur la langue. Comme au théâtre, les réseaux sociaux offrent une double, voire une triple énonciation : on parle à la fois à des amis et au monde entier et tout l’intérêt réside dans le fait qu’on ne sait pas qui est l’autre. Et d’ajouter que cela est aussi vrai en littérature papier, un romancier, un auteur ne sait pas à qui il s’adresse sinon à lui-même. 149’’

 

23- Amalia Rodrigues – O cochicho 15’’ -  En sourdine

Autre questionnement d’importance : Qui sont ces écrivains de la toile ?

Ce sont nos voisins, vous et moi, tout le monde a toujours été écrivain, pas si sûr. Depuis toujours, la littérature est autorisée à quiconque, il n’y a rien de changé de ce côté-là. Les réseaux  transforment et permettent d’aller au-delà de la littérature traditionnelle. C’est le retour de la littérature en tant que travail de la parole et de la communication. Certains dénoncerons l’amateurisme, mais ce n’est pas tellement vrai car souvent les plus intéressants sur les réseaux sont les mêmes qui publient sur papier. Et puis, qu’est-ce qu’un écrivain ? Il y a autant d’écrivains qu’il y a d’histoires particulières. Ce sont seulement les institutions traditionnelles qui ont du mal avec ces nouvelles formes.

 

L’écriture sur les réseaux, signifie également de nouveaux canaux de médiatisation. Ce sont les internautes qui vont « retwitter », « partager » et rediffuser les textes. La reconnaissance et la qualification viennent d’une sélection ultra-démocratique. Cela aussi inquiète les institutions et les possesseurs du savoir. Finalement, Internet va engendrer une littérature moins élitiste. Cependant des liens très forts existent entre la littérature en ligne et l’édition papier. Ainsi la  reconnaissance viendra aussi du réseau traditionnel. Malgré Internet, ont édite pas moins de 10 livres par jour en France.

D’un autre côté, l’aspect éphémère des réseaux peut effrayer. C’est pourquoi beaucoup d’écrivains continuent la publication de leurs travaux sur Papier. On a beau faire des progrès technologiques impressionnants, le papier permet une conservation beaucoup plus longue que l’informatique…même si le papier actuel ne peut se conserver au delà d’un siècle parce qu’il est traité au chlore. Revenons donc au parchemin et Vélin Couché d’Angoulême, certain livres ont plus de mille ans.  ET pour oublier tout cela, je bois systématiquement. Tchin Tchin 138’’

40 - Chronique de Comptoir : 15’’

Dans cette chronique de comptoir, l’auditeur doit s’attendre à tout, évidemment dans les limites des convenances, pour autant que l’impertinence ait quelques raisons avec les conventions, on ne le dira jamais assez. On peut y entendre des blagues et des  histoires, des galéjades et des facéties de boulevard, parfois des traits d’humour voire même des mots d’esprit quand on en a. C’est aussi selon l’inspiration de votre aimable narrateur et de ce qu’il a concocté ça et là, sur le net, dans la rue, chez des amis, au boulot, place de la pile, dans un bar. Au début de cette émission nous parlions du désir. Mais une fois le désir consommé que ce passe-t-il ?

Voici une brève de comptoir recueillie justement au comptoir d’un petit bistro alors que j’étais animé par le désir de consommer une Margarita alors que la serveuse s’appelait Constancia.

 

« Deux femmes discutent de tout et de rien quand l’une demande à l’autre.

-         Est-ce que tu fumes après l’amour ?

-         Je ne sais pas, je n’ai jamais regardé ! 80’’

41 – Carlos Robin 2’35’’ ………Jusqu’à 16h59 

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