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Chroniques impertinentes N° 49

 

10 - Chronique Littéraire 15’’

Question non pas pour un champion mais pour les auditeurs de Radio ALbiges. La maison Nobel à décerné son prix justement Nobel de Littérature à un écrivain pas du tout célèbre en France. Il s’agit du Chinois Mo Yan, lauréat du prix Nobel de Littérature 2012. Il n’est pas le premier Chinois à recevoir cette distinction car 12 ans auparavant, son compatriote Gao Xingjian fut aussi distingué par l’honorable institution suédoise. Le prix Nobel, en suédois, « Nobelpriset », est une récompense de portée internationale. Remis pour la première fois en 1901, les prix sont décernés chaque année à des personnes « ayant apporté le plus grand bénéfice à l'humanité », par leurs inventions, par leurs découvertes et améliorations dans différents domaines de la connaissance, par l'œuvre littéraire la plus impressionnante, ou par leur travail en faveur de la paix, suivant ainsi les derniers vœux d'Alfred Nobel, inventeur de la dynamite. Et que ça saute !

Revenons à l’écrivain chinois Monsieur Mo Yan. Ce prix littéraire lui rapporte la coquette somme d’un million d’Euros. Ce n’est pas rien tout de même et de nous dire en notre fort intérieur « Ah, si seulement j’avas été moins paresseux pour l’écriture, moi aussi j’aurai pu gagner ce satané prix ! ». Mais voilà, n’est pas nobélisable qui veut, n’écrit pas génialement bien qui veut ou qui peut. Il faut avoir du talent, de la conviction, des idées nouvelles, et surtout une bonne dose de ténacité pour décrocher ce super prix, récompense suprême non pas pour un livre mais pour une œuvre complète en espérant que les instances internationales n’aient pas eu quelques idées derrière la tête qui influencèrent la décision du jury, ceci étant affaire de politique au antipodes de la littérature. 178’’

11 – Comédies Ballets de Lully 20’’…puis en sourdine 

Quant à la remise des prix Nobel, on ne peut pas dire qu’elle se fasse ni dans la simplicité ni dans l’intimité. C’est dans le froid et l’obscurité de l’hiver suédois que la fièvre du Nobel monte. Elle atteindra son sommet ce 10 décembre 2012 avec la cérémonie de remise des prix et le banquet pour le moins fastueux dans le magnifique hall de l’académie des sciences de Stockholm. 1300 invités prendront place autour d’une table qu’on imagine somptueuse. Mais comment organise-t-on un dîner de 1 300 couverts ? Des centaines de personnes travaillent en coulisse pour accommoder des tonnes de victuailles. Pour prendre l’exemple d’une précédente cérémonie, la liste des achats du banquet Nobel comprenait 2 692 poitrines de pigeonneau, 475 queues de homard, 100 kilos de pommes de terre, 70 litres de sauce aigre-douce au vinaigre de framboise, 67 kilos d’artichauts de Jérusalem — et la liste n’est pas close, mille bouteilles de Bordeaux et autant de champagne. Dans les cuisines, les chefs préparent les plats trois jours à l’avance. L’année dernière, vingt chefs et une équipe de 200 serveurs ont travaillé au banquet. À l’hôtel de ville de Stockholm, plus de 60 tables étaient dressées — 7 000 pièces de porcelaine fine, 5 000 verres de cristal et 10 000 couverts d’argenterie, le tout méticuleusement disposé par des mains gantées de blanc. Un tel faste et une telle somme sont-ils bien nécessaire pour honorer les lauréats. Assurément oui car ils ont travaillé énormément ou leur magnifique action mérite une reconnaissance planétaire pour obtenir cette distinction, argent comme honneur sont légitimes et ceux qui voudraient les voir disparaître sont des jaloux. 122’’

 

12 – DAI XIAOLIAN 30’’…Puis en sourdine

Revenons à Mo Yan. Il est né en 1955. Il est notamment l'auteur du "Supplice du santal", de "Beaux seins belles fesses" et de "Grenouilles". Qu'il dépeigne dans ses livres une scène de sexe ou de supplice, les ravages d'une guerre ou d'une beuverie, Mo Yan le fait avec une truculence toute rabelaisienne. Et bien voilà en deux phrases toute la personnalité de cet écrivain chinois qui mérite d’être lu car Rabelais, chez nous, petits français 22 fois moins nombreux que les chinois, aimons bien cette approche de la vie et la manière d’en parler. Jouissons pendant qu’il est encore temps.

 

Son réalisme d'écriture et l'attachement à son terroir de Chine orientale valent à ce romancier de 57 ans, d'être également comparé à l'Américain William Faulkner ou au Colombien Gabriel Garcia Marquez. "Il prend le même plaisir à décrire, en long en large et en travers, aussi bien un grand banquet qu'un grand massacre", relate Sylvie Gentil, l'une des premières traductrices de l'écrivain.

Mo Yan est aujourd'hui l'un des auteurs chinois les plus réputés, dans son pays comme à l'étranger. Il a atteint la notoriété avec "Le clan du sorgho", porté à l'écran sous le titre "Le sorgho rouge" par le réalisateur Zhang Yimou. Même si ses œuvres sont fréquemment des pavés dépassant les 500 pages après traduction, elles figurent régulièrement parmi les best-sellers en Chine, à côté notamment des romans de Yu Hua, l'auteur de "Brothers".

 

Quelques mots sur les deux romans phares de Mo Yan, avec le « Supplice du santal ». voici un court résumé.

« Dans le canton de Gaomi, Meinang, la plus belle femme du pays, voit son père, Sun Bing, se faire arrêter par son amant, le sous-préfet Qian Ding. Son mari, Petit-Jia, est appelé pour assister le bourreau Zhao Jia, son propre père et donc le beau-père de Meinang. C'est eux qui vont mettre à mort Sun Bing, selon l'ancien rite du supplice du Santal - et tout cela pour satisfaire les Européens qui construisent un chemin de fer. La suite n’est qu’une rumeur, celle des souvenirs et de la vie en fuite. »

Construit comme un opéra classique chinois, Le supplice de Santal explore toutes les formes de l’agonie, celle qui vocifère et celle qui se tait.". Un jeu subtil entre les formes narratives, celles de l'opéra chinois à voix de chat, des styles grotesques et excessifs quasi shakespearien et une sobriété problématique autant que surprenante, l'auteur donne de la voix à toutes les voix tues (du verbe taire) de l'agonie et du théâtre. C’est l’instrument du supplice qui compte, bien plus que le supplice lui-même. De préférer à cette figure de style saisissante d’être à la place de l’instrument plus que du supplicier.  204’’

13 – Harpe Chinoise 30’’…Puis en sourdine

Second roman avec « Beaux Seins Belles fesses »,

Pour ceux qui s’attendent à de truculentes paillardises chinoises de les décevoir car ils n’auront pas la moindre polissonnerie à l’antenne, par égard pour les pudibonds, les coincés de chose et les endeuillés de la gaudriole.

Résumé.

« C’est une vaste fresque de la société rurale dans une province chinoise confrontée à l'invasion allemande puis japonaise, et aux prises de pouvoir successives du Guomindang et du Parti communiste, ce roman est centré sur le personnage de Jintong que son attachement immodéré et obsessionnel au sein maternel entraîne dans des situations plus tragiques les unes que les autres. Les destins du garçon et de ses huit sœurs sont irrésistiblement liés aux aléas de l'histoire de la Chine au XXe siècle. »

 « Ma mère, à qui avait été injecté un produit hémostatique, finit par revenir à elle. Au premier coup d'oeil, elle repéra le petit zizi entre mes jambes, tel un ver à soie, et son regard sombre se mit soudain à briller. Elle me prit dans ses bras et me couvrit de baisers comme une poule qui picore des grains de riz. Je pleurai d'une voix stridente, ouvrant les lèvres à la recherche de son téton. Elle me le fourra dans la bouche. Je tétai de toutes mes forces, mais aucun lait ne vint, seulement le goût du sang. »

C’est cru, c’est authentique, Ce n’est jamais vulgaire, c’est le style Mo Yan. Voilà en quelques phrases l’œuvre de ce grand écrivain chinois Mo Yan lauréat du prix Nobel de littérature  2012. C’est deux romans sont disponibles à la médiathèque d’Albi pour ceux qui veulent en lire davantage. 127’’

14 – Musique traditionnelle chinoise 3’21’’

 

16h45’

Chroniques Du net
20 - Chronique du Net : 15’’

Taper dans la barre de recherche « bande de Gaza » ou tapez sur la bande de Gaza à coup de bombes, vous obtiendrez des résultats assez différents. Dans le premier cas c’est le choc des mots et des images largement relayés par les internautes, dans le second cas, celui de deux peuples qui se déchirent et qui souffrent, la souffrance étant plus facile à supporter côté israélien que palestiniens. Pacifiste par nature, je préfère me servir de mon clavier pour taper sur l’injustice alors que l’armée israélienne préfère utiliser ses chars pour entretenir l’injustice. Affaire de moyen, affaire d’éthique, affaire d’état. Tsahal, acronyme Tsva Hagana LeIsrael, signifie en Hébreu « Armée de défense israélienne », corps d’armé qui se prend pour Goliath, est une des armées les plus puissantes de la planète. Evidemment, on ne parlera pas de ses ogives nucléaires prêtes à vitrifier le sol des pays arabes qui la dérangent avec l’approbation du grand Satan, les USA et d’Elohim. 

On ne va pas refaire l’histoire des Palestiniens comme celle des juifs en quelques minutes d’antennes, seulement de souligner que cette terre de Palestine, au sens étatique du terme, existe depuis l’empereur romain Hadrien au 2ième siècle après Jésus Christ. Après la seconde guerre mondiale, l’ONU décide d’y installer ou réinstaller le peuple juifs en créant deux nations, l’état d’Israël, divisant le  territoire en trois régions, Israël, la Cisjordanie et la bande de gaza. Décision Onusienne aussi monstrueuse que de vouloir couper la France en trois parties en laissant les meilleurs morceaux à un peuple qui n’aurait aucune légitimité sinon qu’il s’est auto proclamé le peuple élu de Dieu, les autres n’étant que des goyes impies. Et allez, ci se n’est pas une forme d’hégémonie aux relents  d’imposture doctrinaire, je veux bien être circoncis. Elu par qui, élu par quoi ? Et en quoi une religion serait plus méritante qu’un autre aux yeux d’un supposé Dieu. Remarque qui s’adresse à tous les chefs religieux qu’ils soient juifs, musulmans ou chrétiens ! Mais là est un autre débat sur lequel nous reviendrons. Pour faire court, cette région du monde restera dans une éternelle guerre si les mentalités ne changent pas, si la sagesse ne prend pas le pas sur la la guerre, si les antagonismes puissants finissent pas se taire, enfin si la corruption omniprésente chez les palestiniens venait à disparaître.

Et parce qu’il est impossible de mettre fin à la guerre en faisant tonner le canon, il me semble, bien modestement, qu’il existe une solution qui permettrait à cette région du monde de renouer avec la  paix. L’effort viendrait des palestiniens. Evidemment, cela leur  demanderait d’enfouir une sacrée dose d’orgueil et d’esprit de revanche dans leurs poches très profondes avec un énorme kéfié par dessus pour empêcher tout ce fatras de violence d’en ressortir. Puis de signer définitivement les accords de paix, fussent-ils iniques mais enfin la paix. Ainsi, le peuple palestinien en général et la bande de Gaza en particulier pourrait se reconstruire, éduquer ses enfants, développer son commerce comme le tourisme et peut-être créer une industrie productive, en bref devenir une nation à part entière et espérer égaler économiquement son voisin et ennemi juré depuis 1948, l’état d’Israël. Et pourquoi pas le dépasser ou mieux encore, mais là on n’ose rêver, fraterniser avec les israéliens pour qu’un jour, certes lointain, ces deux peuples finissent par n’en faire plus qu’un. Je ne vois pas d’autres solutions sinon la continuité d’un conflit qui n’aura jamais de fin. 266’’

21 – Ar Intch La er  …Jusqu’à 16h50 

 

16h50

Chroniques musicales
50 Chroniques musicales. 10’’

La musique hébraïque qu'on ne peut limiter à la musique israélienne et qu'on distinguera de la musique juive liturgique a un héritage s'étalant sur trois mille ans d'histoire avec naturellement une variété de ses constituants. De nombreuses cultures musicales sont à l'arrière-plan de l'évolution de cette musique comme celle des civilisations antiques et helléniques à l'époque des patriarches et des Temples, et celles de tous les pays de la Diaspora pendant environ deux mille ans de dispersion.

ET bien, on connait peu de chose sur les origines lointaines de cette musique. C’est grâce aux découvertes récentes de Haik Ventura qu’on est arrivée à déchiffrer les signes inscrits sur les manuscrits des Bibles hébraïques. Par la suite, des études ont permis la reconstitution de la gamme musicale hébraïque à 8 sons. On a pu retrouver la composante musicale sur laquelle se chantaient tous les textes bibliques, en constatant que la mélodie suivait le sens des mots, donnait un relief au texte pour l'enrichir. Cette cantillation est très ancienne et remonte à l'époque de l’Exode. Les chœurs exécutaient, probablement à l’unisson, la même mélodie sacrée, d'une composition simple, divisée en une partie masculine et une partie féminine, chantée à l'octave supérieure. A défaut de chœur, écoutons un peu de musique sépharade avec Daniela Demuthová, Rudolf Měřinský. 97’’

51 – Musique Sépharade 1 ….2’26’’

Cantillation… C’est peut être un mot méconnu chez l’auditeur attentif que vous êtes. Et bien Cantillation ou cantiller c’est la prononciation de la hauteur musicale des voyelles de chaque mot d’un verset ou d’un texte sacré appartenant aux religions chrétienne, coranique, hébraïque, et bouddhique. Pour faire simple, cantiller est un mot latin qui signifie fredonner. C’est une forme de mélodie religieuse plus proche de la déclamation que du chant proprement dit. La cantillation traverse toutes les cultures religieuses et humaines.

52 – quatre cantilènes….Je garde le micro

Ainsi, le prêtre chrétien cantille en latin à l'autel de l'église Dominus Flevit, et son regard traverse le vitrail au-dessus de l'autel : devant lui s'étend l'esplanade du Dôme du Rocher voisin de la mosquée où le muezzin cantille l'adhan, l'appel à la prière musulmane, et plus loin s'étale la vieille ville de Jérusalem dans laquelle plusieurs synagogues abritent un ḥazane cantillant les versets du Tanakh, la Bible hébraïque. À l'orient de Jérusalem l'Asie s'étend jusqu'au Japon, cette Asie où de nombreux moines bouddhistes cantillent les sûtras bouddhiques de leur Tradition.

AH si seulement tous ces peuples pouvaient cantiller d’une même voix pour qu’enfin ils se comprennent et s’acceptent. Bof, ce n’est pas demain qu’on verra ce petit miracle arriver. Allez, un autre chant sépharade en espérant qu’un jour règne enfin la paix entre les palestiniens et les israéliens 100’’

 

53 – Musique Sépharade 2 ….2’04’’  -à 9’

…….Jusqu’à 16h59

16h59
Clôture :

Ainsi va le monde. ►   

S’achèvent ces chroniques impertinentes. ►  Vous avez aimé ou détesté ►  je serai heureux de lire vos observations en me contactant par l’entremise de Radio Albiges, j’y répondrai quel qu’en soit la teneur. ►  Les critiques sont toujours les bienvenues sachant qu’elles font apprécier les éloges.

99 – JINGLE  GENERIQUE DE FIN (OK)

 

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