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Fatigué, Ted stoppa sa descente, eut une envie très pressante, poussa une porte puis une autre, verrouillées elles-aussi, réussit enfin à forcer l'ouverture d'un sas trois étages plus bas. Il s'engagea dans une zone désaffectée inondé de lumière. Dans un coin s'entassaient un bric-à-brac étonnant de vieux bureaux, d'écrans poussiéreux, de PC complètement dépassés, de cartons d'imprimante, de dossiers multicolores éventrés dégorgeant de documents déclassés,  des dixaines de rouleaux de papier de toilette, produits d'entretien, chiffons, etc. Seul, un chariot de femme de ménage était le seul signe de vieen ces lieux désafectés.  Pas de fenêtre, pas d'autre issues exceptée celle d'un monte-charge condamné. Il y avait bien un poste téléphonique, lui aussi hors service. Il devenait urgent qu'il soulage sa vessie, l'impossibilité d'uriné décuplait son irrépressible besoin. Dans la précipitation, Ted se dirigea contre un mur, ouvrit sa braguette et urina dans une longue expiration de soulagement extatique.

« Que c'est bon de pisser ! Mais que c'est bon ! dit-il la larme à l'œil »

L'urine s'infiltrait par les dalles du faux planché. Le local était une ancienne salle d'ordinateurs des années 80, du temps où il fallait des surfaces immenses pour abriter des machines qui  tiennent aujourd'hui dans la poche d'un veston. Il secoua énergiquement sa verge, l'ausculta attentivement, remonta sa braguette. Soulager, il quitta les lieux.

 

.............

Dix minutes s'écoulèrent dans la monotonie oppressante des lieux

.

« Ce que j'ai faim ! »

Un panneau lui indiqua qu'il était dans un escalier technique condamné depuis les attentats de 93.

« Merde ! Je me suis taper tous ces étages pour rien !  ». 

Décourager, il alla s'asseoir sur une marche crasseuse, se demanda ce qu'il allait faire. Son estomac grondait, sa soif grandissait.  C'était encore le plein été à New-York,  trente degrés à onze heures du matin, une fin d'été particulièrement chaude. Il était trempé de sueur, sa chemise collait à sa peau et son slip qu'il n'avait pas changé depuis deux jours l'irritait à l'entrejambe. Il n'y avait pas d'autre alternative que de faire le chemin inverse et remonter.

« Aller ! Courage mon vieux ! Montre tes ressources et ta condition physique.... J'ai une bonne centaine d'étages à me coltiner. On va dire qu'il me faut une seconde et demie par étage, ça va me faire, voyons...... Oh et puis merde. A quoi ça me sert de les compter tous ? »

A contre cœur, Ted entreprit son ascension, nettement plus découragé qu'à la descente, avec un petit  fond de pessimisme qui augmentait à chaque instant. Il se souvenait vaguement de cet attentat à la bombe. Il n'était qu'un étudiant à cette époque, ne savait plus très bien pourquoi des musulmans intégristes s'en étaient pris à des infrastructures Un événement qui lui était passé un peu par-dessus la tête. Il n'en avait pas compris vraiment le sens. Pour quelles raisons ces fous s'attaquaient à son pays alors que l'Amérique faisait tout pour maintenir la paix dans le monde ? Une démocratie qui s'érigeait en modèle de liberté et d'égalité. C'est vrai, il y avait eu le Vietnam, mais c'était une guerre presque légitime et justifiée, Il en était convaincu. Il fallait sauver le Vietnamiens du communisme. C'était si loin.

« Tiens,  le local où j'ai pissé tout à l'heure, dit Ted en passant devant la porte restée ouverte».

...

 «  un, deux, trois .. Ted pensa à autre chose ».

Les étages passaient avec une monotonie à l'image du lieu. Une ascension pénible, éreintante. - « Qu'elle heure est-il ?... Onze heures peut-être plus, je ne sais plus. Chris a du m'appeler. Qu'est-ce que je vais lui dire ? Que va-t-elle penser ?... Elle qui est si jalouse.... Elle ne voudra jamais croire à cette histoire d'ascenseur en panne et d'escaliers sans fin....

 

- « Mais pourquoi spécialement aujourd'hui, le jour où j'en ai le plus besoin, faut-il que j'oublie de recharger mon mobile ? ....Papa et Maman sont si heureux de ce petit bébé qui va naître..  Être papa Quel chance ! Moi qui croyais que je ne pourrais jamais avoir de gosse ! La science,  c'est vraiment génial .....Elle pense parfois que je la trompe avec d'autres femmes que je pourrai rencontrer au bureau..... Elle exagère ..

 

Soixante-dixième étage.

 

«   Il faut que Charles me passe les spécifications du programme de calcul des taux et capitalisations.  Je devrais me grouiller davantage ? Je n'ai pas pondu une seule ligne de code depuis la fin août. Si le patron apprend ça, il va me virer ....Ce que Chris peut être assommante parfois...

Je suis méchant de penser cela, elle qui est si intelligente, si instruite mais aussi très excessive !..... Je suis sûr qu'elle n'hésiterait pas à me tuer si elle venait à apprendre qu'un jour je suis allé dans une boite d'échangistes

....

J'ai les cuisses en compote.

Ted se dirigea vers une porte, s'appuya sur la barre d'ouverture qui résista. Il appuya plus fort, sans succès. Une peur panique l'envahie. Comme prévenir la sécurité, et Chris qui va s'affoler !

- « Bordel de bordel de merde de tour ! Jamais je vais pouvoir sortir »

Il se jeta de toutes ses forces contre la porte qui ne céda pas, réitéra jusqu'à ce qu'une vive douleur à l'épaule l'arrête dans son élan. Découragé, Il alla s'assoir.

«  En supposant que je reste ici, je peux tenir au maximum trois ou quatre jours. Dommage, je vais laissant derrière moi une veuve et un enfant sans père. Il eut envie de pleurer

A Suivre

 

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